PARLONS... Réseaux sociaux

Mis en ligne le 01/05/2026

Les réseaux sociaux omniprésents

Aujourd’hui, les écrans font partie du quotidien. Une des activités majeures réalisées sur les écrans est l’utilisation des réseaux sociaux. En effet, ils sont utilisés par 80,5% de la population française (Guide des Réseaux Sociaux 2023 de France Stratégie). 

Comme nous l’avons illustré dans l’article sur les écrans, les adolescents y passent un grand nombre d’heures (2 à 9 heures) et par conséquent, ils sont souvent connectés sur les réseaux sociaux.   

Les réseaux sociaux font partie de la culture des adolescents. Le statut social et les symboles sont toujours très importants pour les adolescents, cela se reflète aujourd’hui dans leur utilisation des écrans. Être au courant des ref(références) et trends est important pour être en lien avec les autres jeunes de leurs âges. Les 3 applications majoritaires utilisés sont Tik-tok, Snapchat et Instagram.    

Ainsi, une pression existe pour avoir accès de plus en plus jeune à un téléphone ainsi qu’aux réseaux sociaux. Cela dit, « tout le monde le fait » n’a jamais été une raison suffisante pour avoir accès à une certaine application. Mais être en dehors de la norme est encore une source de harcèlement.  

Or, des options existent aussi entre « pas de réseau social » et « des réseaux sociaux en autogestion complète ».  Notons aussi que la majorité des applications de réseaux sociaux fixe leur âge minimum d’utilisation à 13 ans. Et que récemment, l’OMS a publié un rapport concluant sur une observation de la hausse d’utilisation “problématiques” des plateformes et des réseaux sociaux chez les jeunes. En effet, 11% des adolescents (au niveau mondial) ont montré des signes d’addiction comme l’incapacité à contrôler son utilisation excessive des réseaux, un sentiment de manque ou l’abandon d’autres activités.

Ce que les réseaux sociaux changent et comment le prendre en compte

Les réseaux sociaux changent nos façons d’interagir.  

Les applications sont un lieu où on peut se retrouver, échanger et partager des informations.  
La communication peut passer par un simple émoji, le partage d’un réel ou d’un tik-tok, ces échanges sont très rapides. Cette vitesse peut donner l’impression que tout contenu sur internet n’est pas permanent et il en va de même des interactions, alors que ce n’est pas le cas.   
Enfin, lorsque nous regardons nos téléphones, les personnes autour de nous comprennent immédiatement que nous sommes désengagés ou désintéressés de la discussion ou de la situation réelle ; même si nous leur assurons verbalement que ce n’est pas le cas.    

Nous pouvons aussi noter que les réseaux sociaux sont un espace à distance où les adolescents continus de se retrouver. Par conséquent, lors d’une situation de harcèlement dans la vie réelle, celle-ci se retrouve encore sur les réseaux sociaux. On parle alors de cyber-harcèlement. Cela peut prendre la forme de message privée méchant, de commentaire dénigrant, d’exclusion d’un groupe classe ou encore de vidéo d’humiliation partagée sur un groupe…24% des familles ont été confrontées au moins 1 fois au cyber-harcèlement (étude cyber-harcèlement Caisse d’épargne – Association e-Enfance/3018, 2023).  

Les réseaux sociaux créés de nouvelles activités 

Ils sont un moyen de discuter, passer le temps et de s’informer.  

Les nouvelles activités sont la création de post (contenu présent à long terme), des stories (contenu de 24h), scroller (faire défiler, sur un écran des vidéos coutes en contenu infini).  
Mais je pense aussi à l’idée de faire des vidéos tik-tok (vidées d’une durée brève (en format vertical et en plein écran), c’est-à-dire recopier des “trends”, comme des danses, des blagues…, seule ou avec des amis et le poster ou non après sur son compte (dans la majorité des cas en privé (c’est-à-dire, avec un accès réservé à seulement quelques amis proches).  

Les réseaux sociaux offrent une nouvelle forme d’activité de divertissement.  

Associé à cette idée, nous pouvons aussi penser aux applications de rencontre. Créer spécifiquement pour créer du lien, visant des relations amicales à sexuelles. 

 Avec la vitesse de ce flot d’images et de rencontres, cela alimente la “peur de rater quelque chose” (FOMO : Fear of Missing Out), un phénomène qui touche énormément de jeunes (à différents niveaux). 

Les réseaux sociaux influencent notre regard 

Le contenu posté sur les réseaux sociaux est souvent très beau. Des moments de joie, des beaux paysages, des fêtes, les nouveaux achats, des visages bien maquillées… Cela donne l’impression que la vie des autres est parfaite,toujours belle et sans difficultés. Le meilleur des autres est confronté au pire de nous même. À noter tout de même que c’est une généralité et que certains influenceurs partages aussi leurs moments plus difficiles, leurs problématiques de santé mentale, mais que chacun choisi, ce qu’il/elle partage ou non… 

Une place importante est accordée aux « likes » et commentaires. Ce sont là aussi des signes de hiérarchie sociale, plus une personne à d’abonné, plus elle est populaire. Et de la même manière, une remarque négative sur les réseaux sociaux, peut alors représenter une vraie difficulté pour la personne qui reçoit ce message, et la pousser à remettre en question sa valeur et son estime de soi.  

Les adolescents portent une grande importance à leur image et à ce qui est visible à propos d’eux sur les réseaux sociaux. C’est une des raisons pour lesquelles certains ne postent rien sur leur feed (ou profil) mais préfère partager des images ou vidéos en stories.  

Ainsi, l’influence des réseaux sociaux impact la manière de considérer ce qu’ils voient, ils peuvent par exemple se demander « comment ça rendrait en photo ? en vidéo ? est-ce que c’est esthétique ? ».     

Les réseaux sociaux changent notre rapport à l’information 

Les réseaux sociaux sont, pour la majorité des adolescents, leurs sources d’information principale. Tout le monde peut s’exprimer sur tous les sujets, alors nous retrouvons un grand nombre d’informations souvent de moindre qualité (infobésité) sur les réseaux sociaux.  
Par ce biais-là, la réalité paraît simplifiée et extrême avec toujours la mise en avant de titres choquants. Le risque majeur est la désinformation grandement influencée par la diffusion rapide et large (sur tous les médias) de fausses informations et des fausses images, vidéos ou sons (deep fakes) crée à l’aide de l’intelligence artificielle.  

Nous pouvons souligner l’existence de Hugo Décrypte, un journaliste qui utilise les réseaux sociaux comme plateforme pour exercer son métier avec des post journaliers retraçant l’actualité, mais aussi d’autres formats complémentaires. 

Cette connexion au monde, grâce aux réseaux sociaux, rend les utilisateurs plus ouverts et progressistes sur des sujets tels que la justice sociale et l’égalité des droits. Cependant, leur ouverture d’esprit complexifie leur vision du monde, montrant un fossé entre leurs valeurs modernes et traditions spirituelles. 

Les dangers des réseaux sociaux et comment y répondre

Les réseaux sociaux ont des effets dangereux, comme décrit dans l’article sur les écrans, nous allons ici en détailler d’autres.  

Les réseaux sociaux sont gratuits, mais c’est toi le produit 

Tout est gratuit, mais notre utilisation est enregistrée, les ingénieurs savent par exemple si on a fini une vidéo ou si on a regardé seulement les 3 premières minutes, ce qu’on aime comme type de contenu. C’est gratuit, mais c’est toi le produit, tes données (adresse IP, temps de connexion, date d’anniversaire…) sont récupérées. Ainsi, il nous propose du contenu ou des publicités toujours plus ciblées. De nombreuses publicités sont présentes sur les réseaux sociaux par exemple avec la note “contenu sponsorisé” ou encore par du placement de produit (de la publicité par un/e influenceur/se).    

Les réseaux sociaux donnent accès à du contenu infini et addictif  

Les réseaux sociaux ont une apparence inoffensive et créée en nous un besoin fort, qui nous pousse à rester connecté. Et c’est bien le but des constructeurs de ces applications : garder notre attention le plus longtemps possibles par différentes stratégies qui interviennent sur la dopamine (hormone du plaisir et du bien-être), c’est un système de gratification instantanée qui peut rapidement devenir une source de dépendance. Concrètement, on peut penser aux notifications constantes et aléatoires qui nous poussent à retourner sur les plateformes, mais aussi au contenu hyper personnalisé. Une addiction aux réseaux sociaux, peut mener à des signes dépressifs, à de l’anxiété, à des difficultés scolaires, à une mauvaise estime de soi ou encore à des troubles alimentaires. Les études ne manquent pas à ce sujet.  

Selon si l’utilisateur aime le contenu, le partage ou l’enregistre, des contenus similaires ne cesseront de lui être présenté, car l’algorithme a retenu qu’il ou elle apprécie ce genre de contenu. Par conséquent, c’est comme une bulle qui se crée, confortant l’utilisateur dans ses idées, dans sa vérité, cet algorithme crée alors une réalité personnalisée.   

Les réseaux sociaux donnent accès à du contenu qui fait sensation 

Comme le but des créateurs des applications, c’est que nous passons le plus de temps possibles sur les plateformes, l’algorithme met en avant du contenu qui divise, qui fait sensation, voir conspirationniste parfois, dont souvent des fake news.  

Nous ne pouvons pas contrôler le contenu qui nous sera présenté sur les réseaux sociaux. Les adolescents peuvent rencontrer des vidéos mettant en avant de la violence, de la pornographie, une hypersexualisation des corps, des contenus politiques extrêmes, des idées très variées, du contenu traitant de la santé mentale, des contenus de préventions, mais aussi d’appel à l’aide. Selon certaine étude, il existe un lien entre la consommation de n’importe quel contenu sur les réseaux sociaux et l’augmentation de la sensation d’anxiété (INSPQ). Nous pouvons alors imaginer l’impact sur les pensées que peut produire le fait de regarder du contenu en lien des problématiques de santé mentale telle que des pensées suicidaires…  

À noter que parfois, le contenu pouvant provoquer des réactions choquantes ou désagréables est signalé en amont du contenu, par le signe “trigger warning” (TW). Il peut être présent par exemple pour du contenu sur un suicide ou une histoire d’inceste.  

Les réseaux sociaux, un espace de communication aussi pour la pornographie  

Le partage d’image ou de vidéos est si facile que le contenu d’hypersexualisation et de pornographie est rendu “normal”. On entend alors des histoires de harcèlement sexuel, de chantage affectif, de partage de nudes (d’image de corps nus) et de diffusion d’images sexuellement explicite sans le consentement de la personne, parfois comme moyen de se venger (revege porn).   

Les réseaux sociaux influencent notre vision de la beauté 

Un exemple de perfection est omniprésent sur les réseaux sociaux. Nous pouvons le constater par la mise en avant de physiques similaires, des influenceurs ou participants à des émissions de téléréalité, mais aussi par l’utilisation de filtre qui modifie le visage. Ces images de beauté nous font oublier les chirurgies esthétiques, le maquillage ou les retouches qui ont été réalisés pour correspondre aux critères de beauté d’aujourd’hui. Voir ces modèles, influencent nos pensées et comportements, peuvent nous poussant à se maquiller dès le plus jeune âge ou à réaliser des interventions chirurgicales sur un coup de tête.  

À noter, que nous pouvons retrouver 2 aspects de la chirurgie sur les réseaux sociaux, ceux qui en vantent les mérites, qui filment leurs opérations, qui postent des avants/ après très réussi. Et ceux aux contraires qui partagent leurs opérations ratées, leur mal-être psychologique accentué par une modification de leur apparence ou encore les risque des opérations. Pour en savoir plus regarder la vidéo de Amistory – Gen Z, la génération accro à la chirurgieesthétique.  

Les réseaux sociaux encouragent un point de vue moral sur le monde 

Nous vivions dans une société postmoderne, guidée par aucune idéologie ou aucune religion faisant l’unanimité. Ainsi la morale et la catégorisation des choses en “bien” et “mal” prend beaucoup de place, et notamment sur les réseaux sociaux. C’est pour cela qu’on observe des mouvements de wokismes et de “cancel”. Or tout ne peut pas se réduire à un point de vue moral, la science, la vérité, la politique ou encore l’amour sont difficilement identifiablescomme bien ou mal. Pour en savoir plus, regarder la vidéo : Faut-il être parfait moralement sur les réseaux sociaux sous peine de se faire critiquer ? https://youtu.be/LO8KOfTVUxs?si=SwJQ5v-Yi1jYnpwD 

Comment faire face à ce qui se passe sur les réseaux sociaux

Notre principale action et de créer des dialogues avec les adolescents. Pour nous permettre de mieux comprendre ce qu’ils vivent sur les réseaux sociaux.  

Éduquons-nous, pour réfléchir et découvrir les actions qu’ils existent déjà pour gérer au mieux les enjeux des réseaux sociaux.  

Le but étant d’utiliser les réseaux sociaux de manière intentionnelle.  

Quelques exemples pratiques :  

  • Supprimer les notifications ou restreignées-les selon une plage horaire  
  • Mettre notre téléphone en mode noir et blanc à partir d’un horaire fixe (par exemple 21h) 
  • Fixer des limites de temps (possible directement sur le réseau social, dans les paramètres de votre téléphone ou encore grâce à du contrôle parental).  
  • Utiliser des bloqueurs d’applications (comme Opal et freedom) 
  • Utiliser des applications qui envoient une notification pour te rappeler depuis combien de temps tu es sur les réseaux sociaux (How Long – sur App Store, ou d’autre comme Ascent ou mimimalist phone).  
  • Faire un jeun des réseaux sociaux (pendant 1 journée ou plus) 
  • Désinstaller les réseaux sociaux de son téléphone, choisir de les rendre uniquement accessible sur son ordinateur.  

Les opportunités des réseaux sociaux

Les réseaux sociaux sont un endroit où les jeunes sont présents et où nous pouvons les rejoindre.  

Les réseaux sociaux sont un excellent moyen de communication  

Ils peuvent être utilisés pour communiquer facilement avec les jeunes que vous accompagnez. Par exemple, les jeunes de votre groupe de jeune dans la semaine, mais aussi des campeurs que vous avez rencontrés.  

Ils permettent de montrer comment on peut être un exemple sur les réseaux sociaux, par sa vie et ce qu’on partage (en story, comme chanson…).  

 Les réseaux sociaux sont un moyen de partager Jésus 

Le contenu chrétien est présent, de la louange, des prêches, des versets illustrés… pleins de contenus est disponible. Je pense notamment aux contenus disponibles sur le compte instagram et Tik-tok de JPC france et de Thibaud et Sophia.  

Les réseaux sociaux pour parler de votre église locale ou de votre groupe de jeune 

N’hésitez pas à regarder par vous-mêmes le ministère de Dasilva créa qui encourage et propose des idées pour produire du contenu sur les réseaux sociaux pour les églises et autre groupe.  

Auteur : Clara VERNEUIL

À toi maintenant :

Questions pour soi :

  • Comment est-ce que j’utilise les réseaux sociaux ? 
  • Qu’est-ce que j’aime/ qu’est-ce que je n’aime pas ?  
  • Combien de temps, je passe dessus par jour ?  
  • Quelle utilisation

Questions pour un jeune :

  • Comment est-ce que tu utilises les réseaux sociaux ? (Quelles applications, à quel moment de la journée, combien de temps…)  
  • Quel est ton objectif quand tu postes quelque chose sur les réseaux sociaux ?  
  • Quel est ton but quand tu regardes quelque chose ? 
  • Quelle utilisation est-ce que tu aimerais faire de tes réseaux sociaux ? 

En pratique :

Dans cette annexe, vous retrouverez :

  • Quelques conseils face à une nouvelle application

À toi maintenant :

Question pour soi :

  • Quand est-ce que j’ai ressenti de la peur la dernière fois ?
  • Est-ce que j’ai facilement réussi à identifier sa source ?
  • Qu’est-ce que j’ai eu comme réaction face à cette peur ? Est-ce que ça a marché ?
  • Comment j’aimerais que les autres réagissent envers moi lorsque j’ai peur ou que je suis stressé(e) ?

Question pour un jeune :

  • Est-ce que tu es souvent stressé ? Tu saurais dire qu’elle est la cause ? 
  • Est-ce qu’il t’arrive d’avoir peur pour quelque chose ?  
  • Est-ce que tes peurs sont parfois démesurées ?  
  • Comment est-ce que tu aimerais que je réagisse quand tu ressens de la peur ?

En pratique

  • Soyez présents, intéressez-vous à eux avec simplicité 
  • Rappelez les versets éclairs de vérité sur Dieu et la peur (vous pouvez par exemple : les écrire sur vos miroirs ou sur des cartes, en envoyer par un message…)
  • Évoquer le sujet de la santé mentale en groupe de jeune (Vous pourrez trouver des sessions à ce sujet sur le site des ressources) 
  • Partager l’histoire de personnage de la Bible qui ont aussi eu des épisodes de peur et comment ils ont réagi avec Dieu  
  • Co-construisez des espaces “sécure” au sein de votre famille, dans votre maison ainsi qu’au groupe de jeune (voir l’article sur la communauté)
  • Encourager un suivi psychologique et pas seulement avec spirituel 
  • Utiliser le plan d’action