PARLONS... Écrans

Mis en ligne le 01/05/2026

« Il faut arrêter d’être derrière les écrans, de scroller et vivre à travers les autres. Sortez dehors. Si vous avez un projet, faites-le. » Cet appel, ce n’est ni à un neuroscientifique ni à un responsable politique qu’on le doit. C’est à Inoxtag, le Youtubeur français de tous les records, qui raconte dans son documentaire « Kaizen » son aventure à l’assaut de l’Everest. Son plaidoyer – vivre l’aventure dans le réel, pas sur un écran – dépasse largement sa communauté, il interpelle toute la jeunesse.

Extrait d’un article du Figaro 

Y aurait-il une prise de conscience parmi la jeunesse du danger de l’utilisation abusive des écrans ? C’est ce que le documentaire Kaizen d’Inoxtag semblait indiquer en novembre 2024. Cet influenceur, qui gagne pourtant sa vie grâce à ces écrans, poussait un cri du cœur pour que sa génération se lève de son canapé et lâche son téléphone et sa console pour se mettre en action.

Pourtant, la réalité est peut-être encore bien loin de coller aux désirs du jeune homme : en témoigne cette expérience “survivre 30 jours sans réseaux sociaux” réalisée par la chaîne youtube suisse Tataki qui illustre la difficulté de vivre sans.

Les écrans, leur impact et notre gestion : un vaste sujet qui nous intéresse plus particulièrement aujourd’hui concernant la jeunesse, mais aussi concernant notre rôle en tant qu’accompagnant.

DES ÉCRANS OMNIPRÉSENTS : la révolution numérique et ses conséquences

Aujourd’hui, les écrans sont présents partout. Ils font partie de notre quotidien et de celui des jeunes : il est impossible de faire sans.

Les jeunes de la génération Z sont considérés comme des « digital natives » et il en est de même pour la génération Alpha. Ils sont nés dans un contexte où le digital est omniprésent : ces générations n’ont pas connu de vie sans écran. De nos jours, la plupart des activités ont besoin d’un outil numérique et souvent d’un téléphone pour être réalisées. Cette dépendance est telle qu’être sans cette technologie est une véritable épreuve pour une proportion importante de jeunes (on parle de nomophobie) : en France, 89% des moins de 25 ans (contre 65% des Français) se considèrent comme accros à leur téléphone mobile (IFOP, février 2024). 

En France, selon l’Arcep, en 2024, 91% des jeunes de 12 ans et plus possèdent un smartphone. Selon d’autres sources, les 12-25 ans passent de 7 à 9h par jour sur les écrans.

En résumé : Le digital fait partie de la vie des jeunes. Une mauvaise gestion des écrans peut engendrer un mal-être chez eux. Elle peut également être la conséquence d’un trouble intérieur — en particulier le phénomène de fuite face à une souffrance ou situation difficile. Et si passer moins de temps sur les écrans (en particulier le téléphone) n’est pas la solution miracle à toutes les problématiques des ados, une saine approche de l’outil numérique est un passage obligé vers une vie de jeune épanouie (et de jeune disciple de Jésus en particulier).

CE QUE LE NUMÉRIQUE CHANGE

Les écrans sont donc tout d’abord considérés comme des outils. Mais des outils puissants et compliqués, ni bons, ni mauvais (Sherry Turkle). La façon dont nous utilisons les écrans et la technologie de manière plus large dépend de nous et du droit que l’on donne à Dieu d’avoir son mot à dire sur l’utilisation qu’on en fait. La valeur de l’outil dépend de notre manière de l’utiliser. 

Il est essentiel de comprendre ceci à propos de la génération Z : ayant grandi avec Internet, elle ne perçoit plus une frontière nette entre le monde réel et le monde virtuel. Ces deux dimensions sont profondément entremêlées, et les opposer de manière rigide conduit souvent à une erreur d’analyse. Par exemple, les amitiés en ligne ne sont pas des “fausses” amitiés, ou des amitiés de second plan : les jeunes considèrent ces amitiés comme bien réelles et parfois plus importantes que les amitiés “IRL” (In Real Life : dans la vie réelle). De même, le temps passé sur un jeu avec des amis n’est pas du temps perdu dans le vide : c’est un réel espace de rencontre, un nouveau terrain de jeu.

Cette manière de voir les choses nous aide à éviter de créer une opposition trop simpliste entre le monde virtuel et le monde réel, qui sont aujourd’hui deux facettes d’un même monde.

Les outils numériques ont de nombreux atouts : ils nous simplifient la vie, nous font gagner du temps, facilitent l’information, aident à développer la connaissance et la créativité. Chaque aspect positif du numérique, peut devenir néfaste s’il est mal utilisé. Le numérique complexifie nos vies, il nous fait perdre du temps, a rendu notre rapport à l’information beaucoup plus suspicieux, il détruit les relations et rend accessible le pire au plus grand nombre.

Voici quelques domaines dans lesquels la révolution numérique a considérablement changé nos vies :

  • Nos relations

Internet a changé nos interactions en créant un espace virtuel où il est possible de se retrouver.  La vitesse des interactions via les différents canaux de communications (SMS, réseaux sociaux, etc. rend les relations et les interactions beaucoup plus basées sur l’instantané et l’impulsivité (la communication passe parfois par un simple émoji, un gif ou même par le partage d’un réel ou tik-tok). Cette vitesse peut donner l’impression que tout contenu sur internet n’est pas permanent. Or ce n’est pas le cas, notre “empreinte” reste enregistrée, stockée sur des serveurs, pouvant être retrouvée facilement , laissant parfois des traces sur les relations et influençant l’avenir des utilisateurs. 

L’opportunité d’être connecté en permanence au monde qui nous entoure nous coupe parfois de notre entourage direct, par exemple lors d’une conversation, lorsque nous regardons nos téléphones : les personnes autour de nous comprennent immédiatement que nous sommes désengagés, non réactifs et désintéressés de la discussion, de la situation réelle — même si nous leur assurons verbalement que ce n’est pas le cas.  

  • Notre rapport à l’information

Internet change notre rapport à l’information. Dès que nous avons la moindre question, notre réflexe est de chercher la réponse sur Google ou sur ChatGPT. De plus, nous sommes au courant de ce qui se passe dans le monde en temps réel, et abreuvés d’une masse d’informations en tout genre, à propos desquelles tout le monde peut s’exprimer, — nous sommes ainsi souvent confrontés à des informations moindre qualité (on parle d’infobésité). 

C’est une réalité dont les jeunes ont bien conscience (ce sont d’ailleurs bien souvent les parents sur les réseaux sociaux qui relaient de fausses informations), mais ils ne sont pas pour autant immunisés contre les fake news (qui utilisent le plus souvent un levier émotionnel ou spectaculaire pour diffuser leur message). Dans un monde post-moderne où nos croyances se basent sur notre ressenti et sur celles de notre entourage, il est essentiel de sensibiliser jeunes et moins jeunes aux enjeux de ce nouveau rapport à l’information (importance de fast-checker, de diversifier ses sources, de partager avec sagesse et réflexion). À noter qu’il n’existe aucun contenu de cours au collège ou lycée qui permet d’apprendre comment sont créés et fonctionnent les outils numériques (de ChatGPT à Snapchat). « Nous portons une réelle responsabilité, non seulement en raison de notre propre méconnaissance de ces outils, mais aussi face au manque de repères des adolescents.

En effet, il est important de considérer que le contenu que nous consommons, regardons, entendons ou recherchons, notamment à partir des écrans, influence nos pensées, forme nos croyances et nos perspectives (Axis). Et ces influences peuvent nous conduire et conduire nos jeunes à penser ou faire des choses opposées au message et aux valeurs de l’Evangile. 

  • Nos loisirs

Les écrans créent de nouvelles activités. Certaines sont passives,  comme regarder des vidéos longues, des streams ou scroller sur un réseau social. D’autres activités sont plus interactives, comme écrire à des proches ou jouer à un jeu vidéo à plusieurs. Certaines sont parfois difficilement compréhensibles pour les générations les plus anciennes qui ne voient pas l’intérêt de ces divertissements. Pourtant, elles répondent à des besoins humains bien connus, dont le besoin d’appartenance (faire partie d’une communauté de gamers ou d’une fanbase d’une influenceuse), et le besoin de modèles auxquels s’identifier (équipe de sport ou d’e-sport, influenceurs, etc.).

  • Le monde de l’emploi

Le numérique a transformé notre façon de vivre et de travailler, et par conséquent le monde de l’emploi à venir des adolescents actuels. Le travail peut être perçu comme instantané et fragmenté. Une tension existe entre l’hyperconnexion et le besoin de déconnexion (avec l’omniprésence des écrans à la fois dans le monde du travail et à la maison devenant source de fatigue mentale).  

Les nouvelles compétences de l’intelligence artificielle (IA) avec ses défis (utilisation raisonnée, entretien de relations « réelles » hors des écrans)

LES DANGERS DES ÉCRANS ET COMMENT Y RÉPONDRE

Pour une personne disciplinée, maîtresse d’elle-même et consciente des dangers potentiels des écrans, posséder un smartphone peut être extrêmement utile. Mais pour d’autres, cette masse d’informations et ces nombreuses sollicitations qui luttent pour leur attention peuvent souvent être écrasantes. 

Ne faisons pas comme si de rien n’était : agissons. L’apprentissage d’une gestion équilibrée et bénéfique des écrans « intègre à la fois : 

  • un accompagnement et une supervision de la part de personnes matures dans ce domaine
  • des espaces d’autonomie pour se jauger soi-même et apprendre de nos erreurs. 

Voici une réalité essentielle à nous rappeler : le contenu en ligne ne reflète pas souvent la vraie vie. Chacun choisit de montrer ce qu’il veut et suggère des standards de réussites bien souvent irréalistes et idéalisés. Sur les réseaux sociaux, comme l’écrit Steven Furtick, « « la raison pour laquelle nous souffrons d’insécurité, c’est que nous comparons les coulisses de nos vies à la bande‑annonce de celle des autres. » L’anonymat offre une grande liberté pour partager ses difficultés, mais parfois il laisse aussi une place à la désinhibition dans les interactions ou commentaires, laissant à des minorités bruyantes une importance disproportionnée. 

 

Dangers liés à la santé :

  • Impact sur la santé mentale : les écrans nous donnent un accès ininterrompu à des sujets d’actualité souvent très préoccupants, pouvant augmenter notre stress. De plus, la comparaison constante sur les réseaux sociaux peut entraîner une baisse d’estime de soi. 
  • L’influence de la dopamine (hormone du plaisir et du bien-être) : Les écrans, et en particulier les réseaux sociaux, délivrent une dopamine “facile” — une gratification instantanée simplement en faisant défiler le contenu à l’infini. Cela active un circuit de récompense dans le cerveau, qui renforce ce comportement et pousse l’utilisateur à y revenir constamment, au point de délaisser d’autres sources de plaisir ou de satisfaction. L’accès à internet est possible partout et tout le temps, alors utiliser notre téléphone devient notre premier réflexe. Ce comportement parfois compulsif peut ressembler certaines formes d’addiction, ce qui peut engendrer de la culpabilité. Des études, notamment sur des rats, montrent que l’addiction reflète souvent des besoins fondamentaux non satisfaits chez l’individu. En d’autres termes, elle est un signal d’alarme indiquant que quelque chose ne va pas dans notre bien-être ou notre environnement.

 

  • Les capacités intellectuelles : Le cortex préfrontal (zone cérébrale située à l’avant de notre cerveau) achève son développement vers l’âge de 25 ans. Il joue un rôle dans la régulation des émotions, le contrôle des impulsions, la motivation, la prise de décision et la concentration. Certaines études suggèrent qu’un usage excessif des écrans peut modifier la structure et la connectivité cérébrale, notamment dans cette région, chez les adolescents très exposés.
  • La qualité du sommeil. La lumière bleue émise par les écrans diminue la production de mélatonine par le corps. Or, cette hormone joue un rôle important dans la régulation de notre cycle veille-sommeil. L’exposition à la lumière bleu en soirée peut retarder l’endormissement et perturber la qualité du sommeil.
  • La sédentarité. Réaliser une activité sur un écran se fait souvent dans une position statique. En utilisant les outils numériques, nous pouvons par exemple faire nos courses en restant assis sur notre canapé. Or, l’exercice physique est essentiel pour être en bonne santé physique et mentale. C’est d’ailleurs en réponse à ces dangers que plusieurs créateurs de contenus ou entreprises ont développéde nombreuses applications qui invitent les utilisateurs à bouger et à faire du sport (par exemple : applications de running ou vidéos d’entraînements à suivre chez soi). 

 

Dangers liés à la vie réelle : 

  • L’isolement : L’utilisation des écrans limitent nos interactions dans la vie réelle, nous poussant à favoriser des échanges à distance. Bien que les relations virtuelles soient bien réelles, elles ne remplacent pas une présence palpable dans la “vraie” vie. Passer du temps sur un écran augmente la sensation de solitude.  
  • La désinformation : Le risque existe lorsque les réseaux sociaux deviennent la source d’information principale et que la réalité paraît simplifiée et extrême avec la mise en avant de titres choquants. Le danger réside dans la diffusion rapide de fausses informations (fake news) et de fausses images, vidéos ou sons (deep fakes) créés à l’aide de l’intelligence artificielle. 
  • L’accès à des contenus inadaptés : L’utilisation des écrans augmente de manière indésirable, et souvent inconsciente, le risque d’exposition à des contenus violents, pornographiques, ou encore à des adultes inconnus
    Selon le rapport d’information du Sénat (09.2022), les enfants reçoivent en moyenneleur premier téléphone à 12 ans, et sont exposés pour la première fois à du contenu pornographique  au même âge.  Trois quart des vidéos à contenu pornographique  sont visionnées  sur smartphone.
    En 2021, 2.3 millions de mineurs en France ont consommé du contenu pornographique. 50% des garçons et 33% des filles de 5ème en regardent chaque mois, et 100% des lycéens y sont exposés. 500 000 mineurs en regardent chaque jour (8 % des mineurs).
    Par conséquent, 44 % des mineurs ayant déjà eu un rapport sexuel déclarent avoir essayé de reproduire les scènes pornographiques qu’ils ont vues, et 42 % des garçons exposés à ce contenu pensent que les filles apprécient les agressions physiques pendant les relations sexuelles.
    Même lorsque ce n’est pas recherché, la violence et des images de corps hypersexualisés sont très présentes sur Internet et influencent de manière durable les pensées de ceux qui y sont confrontés. 
VERS UN USAGE ÉQUILIBRÉ DES ÉCRANS

Face à ces dangers, nous pouvons guider les jeunes vers un usage plus sain et équilibré des écrans. Cela passe par une bonne connaissance de chaque jeune et des enjeux liés au numérique, afin d’adopter des solutions adaptées et de faire des choix éclairés. 

Reprendre le contrôle de notre surutilisation des écrans est un vrai défi. En effet, même si nous sommes déjà conscients des enjeux et de nos excès, certains  automatismes  restent profondément  ancrés dans notre cerveau. 

C’est à nous-mêmes de redire à notre cerveau ce qui est important, ce qui a du sens. C’est une lutte. Cela ne doit pas devenir une source de culpabilité : nous ne sommes pas paresseux, nous avons simplement des limites. Et c’est normal — être humain, c’est aussi accepter ses limites. 

Avant de vous partager quelques pistes pour un usage équilibré des écrans, nous souhaitons vous encourager à mettre l’accent sur la relation de confiance (qui peut impliquer une redevabilité saine) avec vos jeunes et sur la volonté de communiquer autour de l’utilisation des écrans (les vôtres et les leurs). Faisons de nos maisons, de nos églises, de nos salles de classes, des espaces de sécurité (« safe place »). 

Voici quelques idées concrètes pour accompagner les jeunes dans l’utilisation de leurs écrans : 

  • Instaurer des temps de discussion réguliers sur l’usage des écrans, que ce soit entre parent et jeune, en famille, ou avec une personne de confiance avec qui le jeune se sentirait à l’aise pour en parler.
  • Saisir les recommandations médicales et les lois. Une prise de conscience est en cours au niveau international, avec plusieurs recommandations actuelles :
    • définir  des zones sans écran dans la maison (par exemple : dans la chambre à coucher), 
    • fixer des plages horaires sans écran (par exemple :  lors des repas pour favoriser les conversations, 1 à 2 heures avant le coucher). Attention cependant à  ne pas s’enfermer dans ces lois : parfois une bonne vidéo visionnée  en famille peut donner lieu à de belles conversations !
    • limiter  le temps d’écran à 1 à 2 heures par jour (paramétrable sur le téléphone, ou via des logiciels comme Opal ou Freedom, versions gratuites disponibles sur les plateformes de téléchargement).      
  • Montrer l’exemple d’une utilisation saine et réfléchie du numérique (avec authenticité lorsque c’est difficile pour nous de gérer notre temps sur les écrans par exemple). Se challenger les uns les autres peut être une belle manière de progresser (par exemple : s’abstenir des écrans pendant une période précise, réduire son temps d’écran quotidien) !
  • Réapprendre à savourer et à vivre pleinement le moment présent, par exemple en se mettant des règles de vie comme “ne pas sortir mon téléphone dans une file d’attente” (c’est dur, mais tellement bon !). 

 

Astuce  : mettre son téléphone ou ordinateur en noir et blanc ! Aussi simple que cela puisse paraître, l’absence de couleur sur nos écrans les rend tout de suite moins attrayants, et nous pousse naturellement à réduire notre temps d’écran (méthode testée et validée par l’un des auteurs de cet article et par des jeunes ayant participé à un atelier). Pour plus d’informations et d’astuces,  regardez  la vidéo de Léo Duff : “Mon plan pour sauver la génération Z”. 

 

Concernant les jeunes en situations de dépendance à leur téléphone, voici quelques recommandations :

  • Encourager la recherche de meilleures options. L’aventure est un meilleur moteur. Encouragez les jeunes à réfléchir aux  moyens dont ils pourraient  utiliser leur temps  (apprendre la programmation informatique, passer du temps avec des personnes qu’ils aiment , etc.).  Aidez-les ensuite à déterminer comment le temps passé sur leur  téléphone s’inscrit dans une vie intentionnelle (pour cela, repensez à l’idée du téléphone ou de l’écran en général, comme un outil qui permet de répondre à des besoins).
  • Développer un environnement nourrissant. Expliquez au jeune ou rappelez-lui  que l’addiction est généralement liée à  une quête, une tentative de combler un vide, d’oublier une douleur ou de  satisfaire un besoin inné (appartenance, intimité, maîtrise ou autonomie). Asseyez-vous ensemble et réfléchissez à d’autres manières  de satisfaire chacun de ces besoins. 
  • Permettre l’échec. Heureusement, l’essai et l’erreur font partie du processus d’apprentissage ! Alors, laissez l’adolescent découvrir par lui-même que des heures passées sur Instagram ne sont finalement pas si géniales, qu’elles ne suffisent pas à satisfaire ses désirs les plus profonds.  
  • Utiliser la technologie de manière constructive, avec des  bloqueurs de contenu ou d’accès à internet à partir d’une certaine heure, mais aussi par des  outils qui peuvent responsabiliser les jeunes,  comme des  applications de gestion du temps d’écran.  
  • Aller voir un professionnel : l’addiction peut être telle qu’il est nécessaire de consulter  des professionnels comme des addictologues ou des psychologues. Recherchez de l’aide dès que cette addiction a des conséquences néfastes sur la santé physique, mentale, émotionnelle ou sociale du jeune.

Prier. Jésus est celui qui libère les captifs (Esaïe 61), et si cela n’empêche pas la mise en place d’un plan d’action pour accompagner un jeune en situation de dépendance, la prière doit rester notre premier recours.

LES OPPORTUNITÉS DU VIRTUEL

Les écrans offrent de très nombreuses opportunités, mais nous avons choisi de développer ici trois pistes de réflexion . 

Premièrement, l’utilisation des écrans permet de créer des relations avec des personnes partout dans le monde, et de maintenir les liens à distance avec des proches qui habitent loin ou que nous voyons moins, des amis rencontrés dans une colonie de vacances… Ne sous-estimons pas l’importance de ces relations à distance, et encourageons les  jeunes à découvrir le monde aussi par ce canal  (en veillant à leur sécurité). Même pour les relations “IRL », les écrans nous permettent de communiquer et d’organiser facilement des événements et rencontres (avec les groupes d’ados et de jeunes par exemple !).

Deuxièmement, le numérique donne la possibilité d’approfondir nos connaissances comme jamais auparavant, en particulier les  connaissances bibliques et historiques, avec une variété de formats (vidéos, podcasts, etc.).

Troisièmement, le numérique est une terre de mission, un continent sur lequel les jeunes générations sont actives  pour partager leur témoignage et la bonne nouvelle de Jésus. L’utilisation des réseaux sociaux permet  de communiquer le message de l’Évangile rapidement, de diverses manières  et à très grande échelle. 

Encourageons et formons nos jeunes à témoigner avec sagesse et audace sur ces canaux, et à être des lumières pour leurs amis en ligne ! À titre d’exemple, certains groupes de jeunes ou réseaux jeunesse d’églises ont désormais des pôles gaming pour rejoindre les jeunes via  les jeux vidéos.Certains jeunes influenceurs utilisent leurs plateformes pour partager le message biblique autour d’eux. Ces nouvelles façons de partager la foi ne sont pas sans défis, mais elles sont pertinentes et de nombreux jeunes la (re)découvrent par ce moyen. 

Conclusion

Les écrans sont des outils puissants, mais leur usage doit être encadré avec sagesse. En tant que parents et responsables de jeunes, nous avons la mission d’accompagner la nouvelle génération vers un usage équilibré et bénéfique du numérique, tout en aidant les jeunes à ancrer leur identité et leur valeur dans la Parole de Dieu. 

Même les personnes les plus disciplinées ont du mal à bien utiliser leur téléphone.Il n’y a pas une seule  et bonne manière de faire, mais plutôt le bon truc pour votre famille. Soyez authentiques, tout ne sera pas parfait, faite attention à toujours, explicitez vos intentions.

Auteur : Clara VERNEUIL

À toi maintenant :

Questions pour soi :

  • Créez des occasions pour parler de l’utilisation du digital avec d’autres parents, d’autres responsables de jeunes, non  pour se comparer, mais pour s’encourager, partager ses défis, demander des conseils.

  • Quelles sont  les façons dont les smartphones sont  utiles dans votre vie ? À votre avis, en quoi les smartphones ont-ils contribué positivement à la société ?

  • De quelle manière les smartphones ont-ils un impact négatif sur votre vie ? Sur votre famille ? Racontez.

  • Quand vous êtes-vous senti déçu par votre utilisation du téléphone ? Quand vous êtes-vous senti satisfait ? Qu’est-ce qui a fait la différence ?

  • Qu’est-ce qui est le plus important en tant que parents / responsables de jeunes dans votre  relation avec vos jeunes  ?

Questions pour un jeune :

  • Qu’est-ce que tu aimes avec/dans ton téléphone/ton ordinateur ? Qu’est-ce que tu n’aimes pas ? 

  • Si tu considères ton téléphone (ou un autre écran) comme un outil, quelles  sont tes attentes par rapport à lui ? (cette question permet d’interroger les besoins ainsi que les résultats souhaités).

  • Est-ce qu’il existe d’autres choses qui pourraient répondre à ces besoins ?

  • Es-tu heureux(se) de tes habitudes sur ton téléphone ? Si tu pouvais l’utiliser parfaitement pendant une journée, ça ressemblerait à quoi ?  Comment te  sentirais-tu  ? 

  • Que penses-tu  de l’intelligence artificielle (IA Est-ce que ça te rend anxieux(se) ? Pourquoi  ou pourquoi pas ?

En pratique :

Dans ses annexes, vous retrouverez :

  • Pistes de réflexions pour discuter autour des écrans
  • Ce qu’en dit la bible
  • Exercices pratiques
  • Premier pas avec un premier téléphone
  • Lexique 

À toi maintenant :

Question pour soi :

  • Quand est-ce que j’ai ressenti de la peur la dernière fois ?
  • Est-ce que j’ai facilement réussi à identifier sa source ?
  • Qu’est-ce que j’ai eu comme réaction face à cette peur ? Est-ce que ça a marché ?
  • Comment j’aimerais que les autres réagissent envers moi lorsque j’ai peur ou que je suis stressé(e) ?

Question pour un jeune :

  • Est-ce que tu es souvent stressé ? Tu saurais dire qu’elle est la cause ? 
  • Est-ce qu’il t’arrive d’avoir peur pour quelque chose ?  
  • Est-ce que tes peurs sont parfois démesurées ?  
  • Comment est-ce que tu aimerais que je réagisse quand tu ressens de la peur ?

En pratique

  • Soyez présents, intéressez-vous à eux avec simplicité 
  • Rappelez les versets éclairs de vérité sur Dieu et la peur (vous pouvez par exemple : les écrire sur vos miroirs ou sur des cartes, en envoyer par un message…)
  • Évoquer le sujet de la santé mentale en groupe de jeune (Vous pourrez trouver des sessions à ce sujet sur le site des ressources) 
  • Partager l’histoire de personnage de la Bible qui ont aussi eu des épisodes de peur et comment ils ont réagi avec Dieu  
  • Co-construisez des espaces “sécure” au sein de votre famille, dans votre maison ainsi qu’au groupe de jeune (voir l’article sur la communauté)
  • Encourager un suivi psychologique et pas seulement avec spirituel 
  • Utiliser le plan d’action

Sources

Article : 

Livres : 

  • Powell K.; Bambord A.; Griffin B.M. (2018) Every Parent’s guide to navigating our digital world. Fouller Youth Institute.

Vidéos : 

Ressources